Réactions après un événement potentiellement traumatique : ce qui est normal et ce qui doit alerter
Un événement potentiellement traumatique est une expérience bouleversante qui dépasse les capacités d’adaptation d’une personne, provoquant une détresse intense.
Cet évènement est vécu comme une menace pour l’intégrité physique ou psychique, qu’elle concerne la personne elle-même ou autrui. Par son caractère soudain, imprévisible et incontrôlable, il s’accompagne d’un vécu de peur, d’effroi et d’impuissance.
Quelles sont les réactions possibles à la suite d'un évènement difficile ?
La confrontation à un évènement potentiellement traumatique entraîne, de manière automatique et réflexe, des réactions émotionnelles et physiques que le corps et l’esprit vont tenter de réguler.
Il est important de se rappeler que ces réactions sont normales face à une situation qui, elle, n’est pas normale.
Ces symptômes appartiennent à 5 grandes catégories (symptômes d’intrusion, d’évitement, d’hyperactivation, d’humeur négative, dissociatifs) et c’est le nombre et l’intensité de ces symptômes, selon qu’ils entraînent une souffrance et une gêne fonctionnelle importantes qui permettront de poser un diagnostic.
En entreprise, ces manifestations peuvent désorganiser le fonctionnement des équipes et justifier la mise en place d’une intervention psychologique. Celle-ci permet de contenir l’impact du choc et d’identifier les personnes nécessitant un accompagnement adapté.
Les réactions possibles à la suite d’un évènement difficile
- Souvenirs récurrents, incontrôlables, intrusifs et pénibles de l’événement
- Rêves pénibles récurrents de l’événement
- Impression que l’événement traumatisant se répète (par exemple, dans des flashbacks)
- Souffrance psychologique ou physique intense en se remémorant l’événement (par exemple, en entrant dans un lieu similaire, en entendant des sons similaires à ceux entendus lors de l’événement)
- Incapacité persistante à ressentir des émotions positives (comme le bonheur, la satisfaction ou des sentiments amoureux)
- Sens altéré de la réalité (par exemple, la sensation d’être dans un état d’hébétude ou avoir l’impression que le temps s’est ralenti)
- Perte de mémoire concernant une partie importante de l’événement traumatique
- Efforts pour éviter la mémoire, les pensées ou les sensations pénibles associées à l’événement
- Efforts pour éviter les rappels extérieurs (personnes, lieux, conversations, activités, objets et situations) associés à l’événement
- Troubles du sommeil
- Irritabilité ou accès de colère
- Attention exacerbée à la possibilité d’un danger (hypervigilance)
- Difficulté à se concentrer
- Réaction exagérée à des bruits forts, des mouvements brusques ou à d’autres stimuli (réaction de sursaut).
Si vous présentez au moins 9 des symptômes ci-dessus entre 3 jours et 1 mois après l’évènement, un diagnostic d’État de Stress Aigu peut être posé. En-deçà de 3 jours, il s’agit de manifestations péritraumatiques, qui peuvent être adaptées (état de stress adapté) ou pathologique (état de stress dépassé), mais ne sont pas spécifiées dans le DSM-5.
Si ces symptômes persistent au-delà d’un mois, vous souffrez probablement d’un Trouble de Stress Post Traumatique (TSPT). Il est dès lors conseillé de consulter un professionnel de santé.
Quelques idées pour prendre soin de soi
À la suite d’un événement potentiellement traumatique, il peut être difficile de déterminer quelles attitudes adopter et quels repères mobiliser. Dans ce contexte, certaines mesures peuvent être mises en place afin de soutenir les capacités de régulation psychique, de contenir l’impact du choc et de prévenir l’installation de difficultés plus durables. Sans se substituer à un accompagnement spécialisé lorsque celui-ci s’avère nécessaire, ces repères constituent des points d’appui pour traverser cette période.
- Exprimer ses émotions : Les études ont mis en évidence que les personnes ayant vécues un évènement difficile, lorsqu’elles expriment librement leurs émotions, présentent une nette amélioration de leur état général (physique, psychologique et relationnel) tandis que les personnes qui ont étouffé leur souffrance présentent des résultats catastrophiques,
- S’accorder des moments de détente, faire des pauses : Il est tout à fait normal de s’accorder quelques moments de plaisir sans culpabiliser. C’est dans le cumul des petites choses que l’on fait pour soi que nous nous dirigeons vers le rétablissement.
- Éviter de prendre des décisions importantes qui engagent votre avenir. Demandez des conseils à des personnes de confiance. Il est préférable d’attendre d’avoir récupéré suffisamment,
- Accepter d’être désorganisé pendant un certain temps, d’être moins fonctionnel et moins performant. Vos moyens habituels de détente peuvent ne pas fonctionner dans les circonstances actuelles. Cherchez de nouveaux moyens pour diminuer le stress.
Dans le cas où votre détresse est difficile à vivre et qu’elle s’accompagne de symptômes physiques qui vous inquiètent, il est préférable d’en parler avec un professionnel de santé.